Actualité crypto et DeFi : lire les chiffres avant d’y mettre un euro
Bitcoin à 83 000 $, TVL DeFi à 94,2 milliards : comment lire l'actualité crypto avant d'y mettre un euro, et les pièges fiscaux de 2026 à éviter.
Par
Mathieu Roussel
Publié le 02/10 à 11h30
9 min de lecture
Sommaire ▾
- 01 — Bitcoin à 83 000 dollars, ce que ce chiffre dit et ce qu'il ne dit pas
- 02 — Capitalisation et TVL, les deux lignes à repérer dans une actualité crypto et DeFi
- 03 — Quelle part du budget du foyer pourrait aller vers la crypto ?
- 04 — Les signaux d'alerte d'une offre trop belle
- 05 — Impôts sur la crypto, la case que l'on oublie au printemps
- 06 — Ce que je vérifierais avant le premier achat
- 07 — Questions fréquentes
Au dîner, quelqu’un a annoncé que le Bitcoin « avait passé les 86 000 dollars » et qu’il fallait s’y mettre avant qu’il soit trop tard. Avant de sortir la carte bancaire, prenez dix minutes pour lire les chiffres dans le bon ordre. Pour l’actualité crypto et DeFi, je m’appuie ici sur la mise à jour du 1er octobre 2026 publiée par MediasNet, qui donne le cours, la capitalisation et la TVL avec leur date. La suite explique ce que ces trois nombres valent pour un budget familial. Et ce qu’ils ne valent pas.
Bitcoin à 83 000 dollars, ce que ce chiffre dit et ce qu’il ne dit pas
Au 1er octobre 2026, le Bitcoin évoluait entre 83 000 et 84 000 dollars, après être passé au-dessus de 86 000 dollars dans la seconde moitié de septembre. C’est le prix d’une unité entière, en dollars, sur les grandes plateformes. Rien de plus.
Ce chiffre ne dit pas combien vous auriez en euros. Votre banque convertit, la plateforme prend sa commission à l’achat puis à la vente, et le taux euro-dollar bouge pendant ce temps. Avec le budget d’un ménage, personne n’achète un Bitcoin entier. On en achète une fraction, 0,005 par exemple, et c’est cette fraction qui monte ou qui baisse.
Il ne dit pas non plus la vitesse. Passer de 86 000 à 83 000 dollars, c’est un recul d’environ 3,5 % en quelques jours. Sur 500 € placés au plus haut, cela fait 17 € de moins sur l’écran. Rien de dramatique. Un Livret A ne vous fait jamais ça.
Mon avis : le cours seul est la donnée la moins utile de toute l’actualité crypto. Il donne le pouls du jour, pas l’état du marché. Pour ça, il faut regarder deux autres lignes.
Capitalisation et TVL, les deux lignes à repérer dans une actualité crypto et DeFi
La capitalisation totale additionne la valeur de toutes les cryptomonnaies en circulation. Au 1er octobre 2026, elle restait proche de 2 970 milliards de dollars. Quand elle recule moins vite que le Bitcoin, l’argent passe d’une crypto à l’autre sans quitter le marché. Quand tout baisse ensemble, les gens sortent.
La TVL, pour « total value locked », mesure autre chose : les sommes déposées dans les services de finance décentralisée, ces applications de prêt, d’échange ou d’épargne qui tournent sans banque au milieu. Elle atteignait environ 94,2 milliards de dollars, contre 93,9 milliards à la mise à jour précédente de MediasNet.
Ce détail mérite qu’on s’y arrête. La TVL se compte en dollars. Quand les prix baissent, elle baisse mécaniquement, même si personne ne retire un centime. Qu’elle gagne 0,3 milliard pendant que le Bitcoin perd 3 000 dollars, cela signifie que des dépôts sont arrivés. MediasNet le résume d’une phrase : la DeFi résiste mieux que les prix.
Un autre repère me parle plus que tous les graphiques. Rapportés à 2 970 milliards, les 94,2 milliards de la DeFi pèsent à peine plus de 3 % du marché crypto. L’essentiel de l’argent reste sur des plateformes classiques ou dans des portefeuilles, pas dans ces applications. Si un article vous présente la DeFi comme « l’avenir de votre épargne », gardez ce 3 % en tête.
Le marché crypto au 1er octobre 2026 en trois chiffres
Bitcoin
83 000 – 84 000 $
après un passage au-dessus de 86 000 $
Capitalisation totale
≈ 2 970 Md$
toutes cryptos confondues
TVL DeFi
≈ 94,2 Md$
contre 93,9 Md$ à la mise à jour précédente
Source : MediasNet, mise à jour du 1er octobre 2026. La DeFi pèse environ 3 % de la capitalisation totale.
Quelle part du budget du foyer pourrait aller vers la crypto ?
Aucun texte officiel ne fixe de pourcentage, et je me méfie de ceux qui en donnent un au doigt mouillé. Je préfère un ordre de passage.
D’abord l’épargne de précaution, celle qui paie une chaudière en panne ou trois mois sans salaire. Ensuite les projets datés : l’apport du logement, la voiture à changer dans deux ans. La crypto ne vient qu’après, avec de l’argent dont aucune échéance ne dépend.
Le test que je propose à un couple tient en une division. Prenez la somme envisagée et coupez-la en deux. Si cette moitié perdue décale un seul projet du foyer, la somme est trop haute. Le recul de fin septembre, 3,5 % en quelques jours, reste un petit mouvement pour ce marché. L’histoire du Bitcoin compte des chutes bien plus sévères.
Trois choses que je ne ferais jamais : acheter à crédit, puiser dans le livret réservé aux imprévus, ou « rattraper » une perte en remettant de l’argent la semaine suivante. Si vous tenez à essayer, un petit montant fixe chaque mois vaut mieux qu’un gros achat le jour où tout le monde en parle à table.
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Depuis le 1er juillet 2026, la règle française a changé. Le régime transitoire des PSAN, les prestataires enregistrés en France avant le règlement européen MiCA, a pris fin à cette date. Seuls les prestataires agréés MiCA, ou ceux qui disposent d’un passeport européen, peuvent proposer légalement des services sur crypto-actifs en France. L’AMF l’avait rappelé dans une communication du 5 février 2026.

La première vérification tient en une recherche. Tapez le nom exact de la plateforme dans la liste blanche des prestataires agréés, publiée sur le site de l’AMF. Pas le nom commercial vu dans une publicité, la raison sociale. Absente de la liste ? On s’arrête là.
Les autres signaux se repèrent sans aucune compétence technique. Un rendement « garanti » sur un actif qui a perdu 3,5 % en quelques jours. Un contact arrivé par WhatsApp, Telegram ou un commentaire sous une vidéo. Un « conseiller » qui vous presse de décider avant ce soir. Un virement à faire vers un compte au nom d’un particulier. Un seul de ces signes suffit à refermer l’onglet.
L’erreur classique, c’est de juger une plateforme sérieuse parce que son site est soigné et qu’il affiche des cours en direct. Ces cours sont publics, n’importe qui les recopie. L’agrément, lui, ne se recopie pas.
Le saviez-vous ?
Proposer des services sur crypto-actifs en France sans agrément MiCA après le 1er juillet 2026 expose à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Les plateformes qui quittaient le marché devaient lancer leur sortie ordonnée dès le 30 mars 2026, pour que leurs clients puissent récupérer leurs crypto-actifs.
Source : Autorité des marchés financiers, communication du 5 février 2026.
Impôts sur la crypto, la case que l’on oublie au printemps
Vendre de la crypto contre des euros, ou payer un achat avec, rend la plus-value imposable. Pour les cessions réalisées en 2026, le prélèvement forfaitaire passe à 31,4 %. Il se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant.
Une exception compte pour les petits montants. Si le total de vos ventes de l’année ne dépasse pas 305 €, rien à payer. Au-delà, le calcul se fait sur le formulaire 2086, avec une méthode qui tient compte de la valeur de tout votre portefeuille à chaque vente. Le résultat se reporte ensuite sur la déclaration 2042 C.
Le vrai piège est ailleurs, et il ne coûte pas une plus-value. Il coûte une amende. Tout compte ouvert sur une plateforme établie hors de France se déclare chaque année sur le formulaire 3916-bis, même sans vente, même vide, même fermé dans l’année. L’oubli est sanctionné de 750 € par compte, 1 500 € si la valeur des comptes dépasse 50 000 €.
750 € d’amende pour un compte ouvert « pour voir » avec 100 €. C’est le genre de calcul que je préfère montrer avant qu’après.

Mon conseil pratique : ouvrez un tableau le jour du premier achat. Date, montant en euros, frais, nom et pays de la plateforme. Remplir le 2086 en mai à partir des relevés d’une plateforme qui a changé d’interface entre-temps, c’est une soirée perdue.
Ce que je vérifierais avant le premier achat
Si, après tout ça, le foyer veut quand même essayer, je suivrais cet ordre sans sauter d’étape.
Je regarderais la date de l’actualité lue. Un cours vieux de trois semaines ne vaut rien, et une page de suivi sérieuse date ses chiffres au jour près, comme la mise à jour du 1er octobre citée plus haut.
Je chercherais la plateforme dans la liste blanche de l’AMF, sous sa raison sociale. Puis je noterais son pays d’établissement. Hors de France, le 3916-bis entre dans le calendrier fiscal du foyer.
Je fixerais le montant par écrit, avec le test de la moitié perdue, et je n’y toucherais pas avant six mois.
Je ferais enfin un essai de retrait de quelques dizaines d’euros vers mon propre compte bancaire, avant de déposer le reste. Une plateforme qui traîne pour rendre 50 € ne fera pas mieux avec 2 000.
Dernier geste, ce soir : dans l’agenda d’avril prochain, une ligne « 3916-bis + 2086 ». Deux minutes aujourd’hui, 750 € d’évités l’an prochain.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer un compte crypto si je n’ai rien vendu ?
Oui, s’il est ouvert sur une plateforme établie hors de France. Le formulaire 3916-bis se remplit chaque année, même sans vente. L’oubli coûte 750 € par compte, 1 500 € si la valeur des comptes dépasse 50 000 €.
À partir de quel montant les ventes de crypto sont-elles imposées ?
Dès que le total des ventes de l’année dépasse 305 €. Pour les cessions réalisées en 2026, la plus-value est taxée à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), calculée sur le formulaire 2086.
Comment savoir si une plateforme crypto est autorisée en France ?
Cherchez sa raison sociale dans la liste blanche des prestataires agréés publiée par l’AMF. Depuis le 1er juillet 2026, seuls les prestataires agréés MiCA ou titulaires d’un passeport européen peuvent exercer légalement en France.
Que mesure la TVL de la DeFi ?
Les sommes déposées dans les applications de finance décentralisée (prêt, échange, épargne). Elle atteignait environ 94,2 milliards de dollars au 1er octobre 2026, soit à peine plus de 3 % de la capitalisation crypto totale.
Sources
MediasNet, « Actualité crypto et DeFi », mise à jour du 1er octobre 2026 (cours du Bitcoin, capitalisation, TVL DeFi).
Autorité des marchés financiers, communication du 5 février 2026 sur la fin de la période transitoire PSAN au 1er juillet 2026.
Nalo et Legifiscal, taux du prélèvement forfaitaire unique applicables en 2026.
Club Patrimoine et cabinet Kohen Avocats, déclaration 3916-bis et montants des amendes, 2026.
Pour aller plus loin
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